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  Le hip hop francophone et le rap francophone  
 
 
     
 

Ils rappent en français car c’est leur langue natale. Ils rappent en français car leurs paroles doivent être entendues en dehors de leur pays dont le français n’est pas l’unique langue. Ils rappent en français parce qu’ils veulent séduire un public qui ne parle pas leur langue mais le français. Que ce soit par instinct, envie, nécessité, désir de promotion, le choix du français est motivé par son aspect universel et ses retombées. Pour notre satisfaction puisque le français facilite l’émergence de nombreux artistes, leur rencontre, des collaborations, des partenariats, de l’entraide... En bref une scène hip-hop francophone bien vivante, très diversifiée et étonnante... Retrouvez ici une sélection exhaustive des artistes de rap francophone mise à jour régulièrement, découvrez des artistes ou redécouvrez-les...

113 (France) Le 113 est créé en 1990 par Rim K., A.P. et Mokobé, 3 amis d’enfance originaires de Vitry-sur-Seine, membres par ailleurs du collectif Mafia K’1 Fry. Le 113 se fait connaître en 1998 avec le titre « Truc de fou » avant d’apparaître sur diverses compilations (« Planète rap II », « Opération freestyle », « Première classe »). Ils sont également conviés sur les albums d’Ideal J, Manu Key, Mysta D et Mafia K’1 Fry. Mais c’est le premier album du 113 « Les Princes de la Ville », aux connotations orientales et produit par le talentueux DJ Mehdi, qui les lance réellement en 1999 avec le percutant « Hold Up » et le titre festif et plein d’humour « Tonton du Bled » qui remporte 2 Victoires de la Musique en 2000 (Meilleur groupe rap et Révélation de l’année). Leur deuxième album « 113 Fout la Merde » sort en 2002, remanié et réédité l’année suivante avec 7 morceaux inédits sous le titre « 113 dans l’urgence ». Leur troisième album « 113 degrés » sort en 2005. Il contient le très controversé « 36 quai des Orfèvres », diatribe contre la justice à deux vitesses en France notamment avec les résidents de banlieues comme Vitry. Cet album est un succès et remporte un disque d’or en 2006. Le 113 est un concentré de toute la culture du rap français : ses clichés, son mal-être, ses strass et sa folie... Le 113 possède également son propre label indépendant Frénésik avec lequel il enregistre la compilation « Illegal radio » en 2006, projet qui réunit les grands noms du rap français. Les 3 artistes travaillent également à des projets solo et avec des artistes francophones. En 2004 AP enregistre avec Manu Key (Mafia K’1 Fry), entre autres, la compilation zouk-rap « Zone Caraïbes » et avec le groupe ivoirien Magic System « Un Gaou à Oran ». Rim’K sort son premier album solo « L’enfant du pays ». Son deuxième album « Famille nombreuse » sort en novembre 2007. Mokobé travaille également à un projet solo et a lui aussi collaboré avec Magic System avec le titre « Bouger bouger ».

Akhenaton (France) Leader du groupe de rap marseillais IAM. Ses surnoms sont multiples : Chill, AKH, Sentenza, Spectre ou Abdelhakim. Akhenaton est fasciné par la civilisation de l’Egypte ancienne qu’il considère comme précurseur de l’humanité. Il a 4 albums solos à son actif. Dans son premier album « Métèque et mat » (1995), Akhenaton évoque son déracinement entre l’Italie et la France, la mafia et son rejet du système social. « Sol invictus » (2001), son deuxième album, est plutôt old school et plus sombre que le précédent car révélateur de ses angoisses pour l’avenir de ses enfants. « Black album » (2001) regroupe des morceaux non retenus pour son opus précédent et des morceaux de bandes originales de films. « Double Chill Burger » (2005) est un double album best-of comprenant 8 titres inédits. « Soldats de fortune » (2006) est un album empreint de liberté car il est enregistré sous son propre label 361 Records et il reprend des thèmes de société importants pour Akhenaton. En 2000 il regroupe 15 artistes autour de la compilation électronique « Electro cypher » (2000), très inspirée de Kraftwerk et Africa Bambaata. En plus de 361 Records, Akhenaton fonde également le label Côté Obscur et la maison d’édition La Cosca. Il produit des morceaux pour les rappeurs francophones Psy4 de la Rime, Bambi Cruz, Passi, Stomy Bugsy, Chiens de Paille, Fonky Family, Freeman, La Brigade et 3ème Œil. Il est le scénariste et co-réalisateur en 2000 du long métrage « Comme un aimant » dont il produit aussi la bande originale. Il signe par ailleurs avec Kheops la bande originale du film « Taxi 1 » (1998) pour laquelle il obtient une Victoire de la Musique en 1999 (Meilleure bande originale). Homme charismatique, leader incontesté du groupe IAM, Akhenaton est un interlocuteur très sollicité par les médias français pour ses positions sur le rap mais aussi plus largement sur la société.

Alkebulan (Guinée Conakry) Groupe formé officiellement en 1996 par les rappeurs Baraka, Hams et DJ Coy suite à un festival de rap. Le nom Alkebulan signifie Afrique Noire (nom donné à l’Afrique au temps des pharaons). Le trio se connaît depuis plusieurs années déjà. Le discours d’Alkebulan porte sur la conscience noire, la conscience africaine et rejette le système occidental. La musique joue également un rôle éducatif pour eux. Leurs paroles sont en français et dialectes guinéens. La formation du groupe comporte également quatre danseurs et un percussionniste. Alkebulan a sorti un album : « Pidji dhidhi » (« Deux choses » en poular, 2001).

Alliance Ethnik (France) La formation de ce groupe de Creil, au Nord de Paris, remonte aux débuts des années 1990 sous l’impulsion de ses 5 membres déjà actifs chacun de leur côté : le rappeur K-mel, le chanteur Médard, le programmateur Gutsy et les 2 DJs Crazy B et Faster Jay. Le nom Alliance Ethnik reflète les différentes origines francophones des fondateurs. Ils se font connaître en 1992 en assurant la première partie du concert d’IAM à l’Elysée Montmartre. Très vite repérés, par le phrasé particulier de K-mel qui oscille entre tchatche et mélodie et par les sonorités funky et festives de leur musique, Alliance Ethnik est recruté par Delabel. Ils préparent leur premier album, font des concerts, travaillent avec le groupe suisse Sens Unik (1993) et enregistrent un morceau sur la compilation « Mondial rap » (1994). Le premier album d’Alliance Ethnik « Simple et funky » sort en 1995. Le succès du single « Respect » est immédiat grâce à ce style plus léger et donc détonnant dans le marché du rap de l’époque et grâce à la virtuosité du phrasé de K-mel. En 1996, Alliance Ethnik remporte les Victoires de la Musique dans la catégorie Groupe de l’année. Ils doivent néanmoins faire face à des critiques qui leur reprochent leur manque de revendication et les taxe de groupe de rap commercial. Le deuxième album « Fat comeback » sort en 1999, toujours aussi funky et dansant, avec la participation de Youssou N’Dour (« Un enfant doit vivre »). Le succès n’est pas aussi important qu’escompté. Entre-temps tous sont retournés à des projets solos : K-mel enregistre le titre « Louled », générique du film de Smaïn (« Les 2 papas et maman ») et « Parisien du Nord » avec la star algérienne du raï Cheb Mami et enfin, produit les projets solos de Gutsy et Faster Jay. Crazy B renoue avec le milieu DJ et gagne à nouveau le titre de vice-champion du monde DMC. Alliance Ethnik se sépare ensuite.

Amarebe ‘n’ menna (Rwanda) Groupe formé de 4 personnes dont le leader Kanu qui s’exprime à la fois en français, swahili et kinyarwanda. Le premier album d’Amarebe ‘n’ menna « Kuya kwetu » sort en France en 1998 et est lancé durant le All African Music Festival (Fespad) de 1998 à Kigali. Leur musique est un mélange de sonorités occidentales et d’instruments traditionnels rwandais. L’essor de la radio 101 FM Kigali permet à Amarebe ‘n’ menna de rayonner.

Aminoffice (Maroc) Ex-membre du groupe Double A, Amine, originaire de Salé, est un pionnier du rap marocain. A l’origine, il faisait partie du groupe Dragons Blancs (1993) avec le rappeur Taj-Kul-B. En 1996 ce groupe devient Double A. En 1998 Amine devient Aminoffice pour débuter sa carrière solo. Il enregistre son premier album « Maak dima maak » sous le label Adouaa Al Madina. En 2004, Aminoffice participe à la compilation du label belge Souterrain Production « 50 MC’s » et un an plus tard, à celle du label français Uni Sons « Au-delà de J. Bralt. Art ». Aminoffice vit désormais en France et prépare son deuxième album dont la sortie est prévue en 2008.

Angelo Dogba (Côte d’Ivoire) Angelo Dogba entame sa carrière musicale en 1988 avec le groupe Crazy B formé par Sky Larock, Chase Boogie et lui-même. Ils sont rejoints en 1990 par l’animateur radio Junior et la formation change de nom pour s’appeler Junior and the Crazy B. Leur premier album s’intitule « Stop destruction » et il est bien accueilli. Leur 2ème album « Hustler » sort en 1992. Il marche encore mieux que le précédent. En 1996 Angelo Dogba crée son label Angelo Label ainsi qu’une société d’événementiel Angelo.Com. Il enregistre son premier album solo « Represent » (2000) qui connaît un grand succès en Afrique, notamment avec le titre « Dogba ». Cet album est musicalement diversifié car il emprunte des sons classiques de hip-hop, s’inspire de la jungle et exploite la musique ébrié. Il y convie Positive Black Soul (Sénégal) pour le morceau « Intégration ». Son succès se confirme et Angelo Dogba part en tournée en Afrique et à l’étranger. Cet album, qui lui a ouvert le marché mondial, le décide à aller aux Etats-Unis pour enregistrer son deuxième album « Abidjan, Paris New York » (2007) sous le label Little Big Entertainment. Citons les morceaux « Remue » où Meiway a collaboré et qui revendique la fierté d’être africain, « Qui prions-nous ? » qui déplore les guerres inter-religieuses en Afrique.

Ardiess Posse (Bénin) Groupe de Cotonou fondé en 1996 par les 5 rappeurs Archange, Grizzly, Melcky, R-Man et Magic, Ardiess Posse fait écho au mot « hardiesse ». Leur premier album « Rainstorm dark spirit » sort en 1997. Leur deuxième album « Yemalin » (« On ne s’y attendait pas »), enregistré en 2000, mélange diverses influences musicales (latines, R’N’B, rythmes traditionnels béninois) et alterne des thèmes sérieux (politique béninoise) et plus légers. 2003 est l’année du troisième album d’Ardiess Posse « Evolution », plus engagé que le précédent et enregistré en France. En 2005 sort « La recharge », leur quatrième album, qui convie des rappeurs français (Ol’ Kainry notamment). Leurs paroles sont en français, fon, anglais et lingala. Ardiess Posse oeuvre à développer le rap béninois depuis ses débuts, à mélanger sonorités « modernes » et plus classiques béninoises. Dans cette optique, Ardiess Prod a créé en 2002 le festival annuel Hip-Hop Kankpe afin de rassembler la communauté hip-hop béninoise.

Arsenik (France) Groupe fondé en 1992 par les frères Lino et Calbo et Tony Truand à Villiers le Bel dans le Val d’Oise. Ils s’appelaient à l’origine Art Sonic. Arsenik fait partie des collectifs Secteur Ä et Bisso na Bisso. Leur première apparition est sur la compilation « L’art d’utiliser son savoir » (1995) avec le titre « Ball-trap » puis sur diverses mixtapes : « L’enfer remonte à la surface » (Hostile, 1996), « Rimes et châtiments » (L432, 1997), entre autres. Arsenik prend aussi part à des projets du Secteur Ä et on les retrouve sur les albums de Neg’Marrons, Stomy Bugsy, Oxmo Puccino et Doc Gyneco. Tony Truand quitte le groupe en 1996 contraint de quitter la France pendant 4 ans. Le premier album d’Arsenik « Quelques gouttes suffisent » (Sarcélite Miziks, label du Secteur Ä), certifié disque d’or, sort en 1998. Cet album consacre Arsenik comme nouveaux auteurs, doués, sans concession, percutants. Des titres comme « Je boxe avec les mots » et « Affaires de famille » rencontrent un grand succès. En 2002 leur deuxième album « Quelque chose a survécu », un peu moins hardcore que le précédent, a des résultats plus décevants. 2005 devait être l’année du troisième album d’Arsenik mais ils se consacrent davantage à leurs projets en solo. Lino enregistre son album « Paradis assassiné ». En 2005 sort également l’album « Noyau dur », issu de la collaboration avec Pit Baccardi et Neg’Marrons. Arsenik est convié en featuring par de nombreux artistes, tant en solo qu’en groupe (Akhenaton, Ol’Kainry, Passi, Roca, Singuila, Starflam, Alibi Montana, La Brigade, etc.). Le groupe compose également un morceau pour la bande originale du film « Scorpion » (2007) et leur premier best of « S’il en reste quelque chose - Le meilleur d’Arsenik » sort en mars 2007.

Assassin (France) Groupe parisien fondé en 1985 par le danseur de break Solo et le tagger Rockin’Squat. Ils sont rejoints par DJ Clyde et le producteur L Doctor. Dès le début, le discours d’Assassin est dirigé contre les médias et la politique. Assassin fait également souvent référence aux origines du rap : pas de sectarisme, respect, rassemblement, éducation. Le groupe plonge son univers musical dans les racines du blues, du rock, du funk et de la soul. Leur premier titre remarqué est « La formule secrète » sur la compilation « Rapattitude » (1990). Ils sont ensuite rejoints par le manager Madj. Repérés par les maisons de disque avec le maxi « Note mon nom sur ta liste », en 1991, Assassin refuse leurs propositions et fonde son propre label Assassin Production. C’est sous ce label et forts de leur indépendance qu’ils enregistrent leur premier album (2 volumes) « Le futur que nous réserve-t-il ? » en 1992. Le titre « Au centre des polémiques » est une attaque directe à l’encontre de l’industrie musicale et sa volonté d’uniformiser la musique. L’accueil est mitigé en raison de leurs propos virulents. DJ Clyde quitte le groupe en 1993, suivi par Solo en 1994. « L’homicide volontaire », deuxième album (1995), est enregistré à Los Angeles. Doctor L quitte le groupe par la suite. Le troisième album d’Assassin « Touche d’espoir », avec Rockin’Squat et Madj seulement, sort en 2000 avec le morceau « Sérieux dans nos affaires », nouvelle critique de l’industrie musicale française. Un quatrième album « Assassin live » est enregistré en 2002. Il existe également deux compilations : « Perles rares » (2004) et le best of « Académie mythique » (2006). Assassin compose aussi des morceaux pour des bandes originales de films : « La peur du métissage » (« Métisse », France, 1992), « L’île de l’inconscient » (« Ma 6T va crack-er », France, 1997), « L’Etat assassine » (« La Haine », France, 1995) et « Etat des lieux » (France, 1995). Le militantisme d’Assassin se retrouve dans ses textes mais aussi dans des actions dénonçant les conditions des détenus des prisons françaises, le sexisme, le racisme, l’esclavage, la police et ses bavures, le sort réservé aux prisonniers politiques dans le monde, l’environnement, etc. Assassin Production qui a produit les artistes Kabal, Pyroman et La Caution disparaît en 2005 et Rockin’Squat crée le label Livin’Astro qui réédite les albums d’Assassin et produit son premier album solo « Confession d’un enfant du siècle » (2007).

Atach Tatuq (Canada) Groupe montréalais fondé en 1998 suite à l’enregistrement de l’unique album de Traumatruges « Suce mon index ». En effet, les membres de Traumaturges, Rass, Egypto, L’Intrus, Khyro et DJ Naes s’associent avec le producteur du disque Un 2 d’Piq et aux rappeurs Dee, Casco et RU pour fonder Atach Tatuq. Ils commencent par faire des concerts avant leur premier enregistrement « La guerre des Tuqs » (2001) comprenant trois titres : la dernière chanson de Traumaturges, un solo de RU et un morceau réunissant tout le groupe. Le rappeur Arnak rejoint Atach Tatuq et leur 1er album « DC la guerre des Tuqs » sort en 2003, où chacun a enregistré un titre en solo. L’univers musical de cet album est inspiré du dub et des milieux underground anglais et américains. Le groupe rappe en joual. Leur deuxième album « Deluxxx » sort en 2005. Plus classique, plus posé, il s’inspire cette fois de sonorités plus funky et fait même appel à des chœurs. Atach Tatuq y parle de drogue, de Montréal et une remise en question se profile. La particularité de cet album est sa commercialisation en dehors des circuits traditionnels : elle se passe directement dans la rue et a beaucoup de succès. Le label du groupe, AT Musique, créé en 1999, sort l’album en circuit traditionnel en octobre 2005. Cet album remporte quatre victoires au Gala Montréal Underground de 2006 et la même année le prix du Meilleur album hip-hop de l’Association Québécoise de l’Industrie du Disque, du Spectacle et de la Vidéo. L’univers d’Atach Tatuq se caractérise aussi par des performances scéniques très esthétiques et travaillées, ce qui les fait remarquer et les FrancoFolies de Montréal les convient en 2004 pour un concert avec la rappeuse Diam’s. Suite à leur deuxième album, Atach Tatuq se sépare.

Bams (France) En 1998, bien que très occupée par ses études, le journalisme, la comédie et le sport, elle décide de se consacrer à la musique et plus particulièrement au rap, milieu dans lequel elle est active depuis 1996. En 1998 Bams est la seule rappeuse à figurer sur la compilation « Hostile Hip-Hop 2 » (Delabel) avec son titre « Circulaire ». En 1999, après le Printemps de Bourge dont elle est la révélation, Bams enregistre son premier album « Vivre ou mourir » (Tréma). C’est un album classique de rap contestataire (un regard féminin sur l’univers du hip-hop, militantisme féminin), mais plus dense musicalement (basse, batterie, piano, violon). En 2005 son deuxième album « De ce monde » est tout aussi riche musicalement puisqu’elle fait appel à de nombreux musiciens (saxophoniste, accordéoniste, contrebassiste, DJ, flûtiste, pianiste et percussionniste) et toujours aussi épris de liberté et engagé. Artiste et auteur inclassable, Bams séduit autant les amateurs de rap que ceux de chanson française par sa voix voilée et sensuelle. Bams est également journaliste pour le magazine Respect.

Bandolero (France) Groupe des années 1980 qui a connu un succès aussi fulgurant qu’éphémère. Fondé par les 2 frères Carlos et Jose Perez, son titre phare « Paris latino », avec ses sonorités latines, fait sa renommée en 1983 en France et à l’étranger. L’année suivante Bandolero sort son deuxième morceau « Cocoloco » et tombe dans l’oubli. Avant de faire du rap, les deux frères faisaient partie du groupe punk Guilty Razors.

Bawuta Kin (République Démocratique du Congo) Groupe de Kinshasa fondé en 1994, Bawuta Kin est l’un des premiers groupes de rap congolais. A l’origine composé de DJ Kash Mamouth et de l’animateur radio Rocky le Mobidic, ils sont par la suite rejoints par le rappeur Eston Jonjo, Eissman et Ryne-K. Leurs textes sont en lingala et évoquent le quotidien de la société congolaise et plus particulièrement kinoise (bourgeoisie de Kinshasa). Bawuta Kin enregistre plusieurs titres : « Raisonnez raisonnez », « Il est permis de rêver mais de pas trop rêver », « La vie est triste sans artiste », « RNko na Nko » (« Changez vos bongo ») et « Kin cogne » (« Pose-toi des questions »), « Difficile à construire et facile à détruire » mais rencontre des difficultés à financer un album. Leur musique est un mélange de rumba congolaise et ndombolo combinés à des sonorités hip-hop plus classiques. Rocky est également un DJ reconnu à Kinshasa et vit maintenant en France.

Benny B (Belgique) Groupe bruxellois fondé par le rappeur Benny B, le DJ Daddy K et le danseur Perfect au début des années 1990. Benny B est le premier groupe francophone à connaître un grand succès commercial avec le titre « Vous êtes fous » (1989) qui figure sur leur premier album « Benny B l’album » (1990). Leur deuxième album « Daddy K, Perfect et moi » (1991) ne marche pas aussi bien. Bien qu’ils aient réussi à populariser le rap francophone, ils sont critiqués par le milieu du hip-hop pour leur côté trop commercial à la limite de la caricature. Benny B se sépare en 1992. Daddy K est resté DJ et mixe sur Radio Contact (Belgique). Perfect donne des cours de danse et Benny B s’est retiré du milieu musical.

Beside (France) Elle est l’une des premières rappeuses à avoir du succès en France dans les années 1980 avec les morceaux « Odeon » (avec Bernard Fowler) et « Change le beat » (avec Fab Five Freddy). Beside n’a cependant jamais eu de réelle reconnaissance de la part du milieu du hip-hop.

Bill de Sam (Guinée Conakry) Bill de Sam débute sa carrière en 1990 en prenant part à des concours avant d’enregistrer son premier morceau « Guinée Colo » l’année suivante . Il passe ensuite beaucoup de temps sur scène, en Guinée Conakry et dans le reste du continent africain. Il faut attendre 5 ans pour que son premier album « Sogolon », produit en Guinée Conakry, soit prêt. Musicalement, il mélange des sonorités hip-hop classiques avec des rythmiques guinéennes. Les textes de Bill de Sam sont imprégnés de la vie quotidienne des jeunes guinéens. En 1999 sort son deuxième album « Exil », enregistré en France, dont les paroles sont en soussou, malinké et français. Jean-Philippe Rykiel et Manfila Kante ont collaboré à cet album. Pour sont troisième album « Simiti » (2004), également enregistré en France, Bill de Sam s’entoure de plusieurs musiciens pour en faire une œuvre plus acoustique (basse, batterie, percussions, clavier).

Bisso Na Bisso (France) Collectif de rappeurs français d’origine congolaise, Bisso na Bisso (« Entre nous » en lingala) est la révélation rap francophone de l’année 1999 avec le morceau éponyme. Sous l’impulsion du rappeur Passi, des artistes ayant les mêmes origines se rassemblent autour d’un projet commun. Passi, Calbo et Lino d’Arsenik , les 2 Bal’, M’Passi de Mel Groove, Ben-J des Neg’ Marrons et Mystik proposent un rap mélodieux profondément enraciné dans la musique congolaise (rumba, soukouss). Ce croisement entre rap et retour aux sources est inédit à l’époque, ce qui explique aussi son succès. En 1999 l’album de Bisso Na Bisso « Racines » est récompensé aux Kora Music Awards d’Afrique du Sud et remporte les titres de Meilleur groupe africain et Meilleur vidéo clip. Cet album est le parfait compromis entre une culture occidentale et plus particulièrement nord américaine où la jeunesse se reconnaît dans le rap et des racines assumées et un peu magnifiées. Cet album est aussi une passerelle générationnelle puisque des « anciens » comme Koffi Olomide ou Ismael Lo y ont été conviés.

Booba (France) Originaire de Boulogne, Booba débute sa carrière en 1994 avec le groupe Beat 2 Boul puis Time Bomb avant de fonder avec son ami Ali le groupe Lunatic. Ils participent à divers projets collectifs avant d’enregistrer les maxi « Le crime paie » (1996), « Civilisé » (1999) et leur unique album « Mauvais oeil » en 2000 sous leur propre label 45 Scientific. Cet album est certifié disque d’or. En 2002, séparé d’Ali, Booba enregistre son premier album solo « Temps mort » contenant le morceau « Destinée » qui le révèle au grand public. Il quitte le label pour fonder le sien, Tallac Records, qui produit son deuxième album « Panthéon » en 2004 ; album double disque d’or grâce notamment au morceau « Numéro 10 ». En 2005, Booba sort sa première mixtape « Autopsie vol. 1 ». Son troisième album, « Ouest side » sort en 2006. Cet album est rapidement disque de platine. Son titre fait référence au Sénégal (Afrique de l’Ouest) et à Boulogne (Ouest de Paris). En 2007 Booba enregistre sa deuxième mixtape « Autopsie vol. 2 » dont l’un des titres « Le Duc » est une attaque contre d’autres rappeurs (Fabe, Sinik). La situation s’envenime et ils se répondent par morceaux interposés. Booba est un artiste controversé. Il a été classé dans la catégorie du rap « bling-bling » en raison de ses propos mais son style incisif le rend plus complexe. Il dénonce un système dont il est obligé de profiter pour réussir, ce qu’il assume. Il doit également affronter la justice pour des propos discriminatoires remontant au temps du groupe Lunatic. Des zones d’ombre subsistent autour du kidnapping de sa mère et de son frère en 2006, certains avançant que l’opération aurait été montée de toutes pièces pour soutenir la promotion de son album « Ouest side ». Enfin le dernier aspect controversé de sa personnalité est qu’il est le premier rappeur à avoir accepté de participer au télé-crochet de TF1 Star Academy, émission pourtant très décriée. Booba crée également sa propre ligne de vêtements, compromis entre le street wear et le classique.

Boogat (Canada) Originaire de Québec, ce rappeur évolue dans le milieu du hip-hop depuis la fin des années 1990. Boogat collabore à divers projets collectifs avant d’enregistrer son premier album « Tristes & belles histoires », album récompensé par les prix d’Album de l’année francophone, Texte de l’année francophone pour le morceau « Rien n’a changé » et Artiste de l’année francophone au Gala Montréal Underground de 2005. Son deuxième album « Patte de salamandre » sort en 2006. Le morceau « Le feu » marche très bien. Comme la plupart des artistes québécois, la musique y est très variée, reflétant ses origines latines et la culture diversifiée de Montréal où il vit maintenant. Ses projets sont les sorties des albums suivants : « Retour à l’epoque classique », son troisième album, « Panamericano », album en Espagnol, « The Boogatovitch project », album électro-tropical et « Rime X » album de morceaux inédits. Inspiré par MC Solaar, Boogat ne se sent pas proche du milieu classique du rap. Ses morceaux parlent notamment du tourisme sexuel au Mexique et de l’engagement de Che Guevara au Congo.

Bruxelles Rap Convention (Belgique) Collectif de rap bruxellois à l’origine du rap français en Belgique. Bruxelles Rap Convention, créé par Defi-J et Rumky, rassemble également les rappeurs HBB Band N Ko, Rayer et Shark. Le seul album de ce collectif est le disque éponyme « Bruxelles rap convention » sorti en 1990. Disque classique dénonçant les problèmes liés à la drogue, la violence, le racisme, les imposteurs, il sait aussi être moins revendicatif en fêtant les valeurs du rap (amour, rassemblement). Ce disque reste une référence que des rappeurs célèbrent régulièrement dans leurs productions, même aujourd’hui.

Busta Flex (France) Rappeur d’Epinay-sur-Seine, Busta Flex doit son nom aux artistes américains Busta Rhymes et Funk Master Flex, qu’il admire. Il entame sa carrière en 1992 aux côtés de son frère dans le groupe Original Blue Monk. Il rejoint ensuite le label La Sauce Production et enregistre ses premiers morceaux dont « Je représente ». Repéré par DJ Cut Killer, Busta Flex participe à la mixtape « Freestyle » et la compilation « Hip-Hop soul party 2 » (1994). Il quitte le label et rencontre Kool Shen, l’un des deux rappeurs de NTM, qui le fait participer à la compilation « Le contrat » (1997). En 1998 le label de Kool Shen IV My People produit son premier album « Busta Flex », avec le célèbre « J’fais mon job à plein temps ». L’album marche bien et est certifié disque d’or. Au sein du label, Busta Flex participe à divers projets collectifs dont le single « IV My People » et enregistre des mixtapes en tant que DJ. Il quitte ensuite le label et enregistre son deuxième album « Sexe, violence, rap et flooze » (2000), plus torturé que le précédent. Son troisième album « Eclipse » sort en 2002. Il est décevant. Il fait une pause avant de sortir son quatrième album « Pièce maîtresse » (2006) qui dégage un équilibre trouvé entre son phrasé freestyle et sa recherche de mélodie. Busta Flex participe également à la bande originale des films « Yamakasi », « Le boulet » (« Fat beat fat flow ») et « Taxi 3 » (le titre « Qu’est-ce que tu fous cette nuit ? ») et collabore avec de nombreux artistes (Alibi Montana, Lady Laistee, Akhenaton, Ol’ Kainry, Kerry James, entre autres) et sur d’autres compilations (« Hostile vol. 1 », « Double face III », « 1 son 2 rue », « Rap performance »).

Butta Babees (Canada) Groupe anglophone indépendant de Montréal, composé des rappeurs Manchilde et ZipLocks et de DJ Raid. Butta Babees est considéré comme l’un des groupes de rap dominants dans l’underground canadien. Leur rencontre date de 1997, année où ils démarrent l’animation d’une émission de radio « Ill groove garden » sur la station CKUT 90.3 FM. On peut trouver leurs enregistrements sur la compilation de slam Worldlife, « Tales of the underground riots ». Butta Babees remporte le titre de Best Montreal spoken word artist et le Poet’s café slam à New York. Leur présence au Toronto Urban Music Festival permet au rap montréalais de rayonner à l’extérieur. Depuis leurs débuts, tous leurs enregistrements ainsi que leurs clips sont réalisés de manière indépendante. Butta Babees reçoit en 2000 le prix Best Unsigned Band au Canadian Music Week ce qui leur permet d’enregistrer le maxi quatre titres « The entrée ». Leur clip vidéo « Understand yourself » est nominé en 2001 au Much Music Video Award dans la catégorie Meilleur clip indépendant. Leur premier album « Urban elo » sort en 2004.

Chagrin d’Amour (France) Groupe parisien composé de Grégory Ken (rap) et Valli (chant). Ils connaissent un succès aussi fulgurant qu’éphémère avec le titre rap pop « Chacun fait c’qui lui plait » (1982) issu de leur premier album « Chagrin d’Amour » (1982). L’album, production de variétés décalées comprenant 2 titres de rap, marche moins bien. Le deuxième album « Mon bob et Moi » (1984) est moins réussi que le 1er. Le groupe s’est arrêté là.

Daara J (Sénégal) Groupe phare de la scène sénégalaise fondé par les rappeurs Faada Freddy, Ndongo D et Aladji Man en 1993 à Dakar. Faada Freddy et Ndongo D se connaissent depuis des années et sont déjà actifs dans le milieu du hip-hop avec la danse (break, smurf). Ils rencontrent Aladji Man lors d’une freestyle party à Dakar. Leur premier album « Daara J » (« L’école de la vie » en Woloff) sort en 1997. Il s’agit d’un nouvel enregistrement en France par Mad Professor et Bubbler de leur cassette du même nom sortie en 1994 qui avait très bien marché au Sénégal. Leurs textes parlent notamment de religion. Ils enregistrent leur deuxième album « Xalima » (« La plume et l’encre ») au Sénégal et le sortent en 1998, année du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cet album est donc imprégné de cette page douloureuse l’histoire. Leur musique mélange le reggae, le ragga et la musique cubaine tout en utilisant des instruments classiques comme la kora et le balafon. Elle leur permet de rayonner en dehors du Sénégal. Après une série de concerts en Europe, ils enregistrent la mixtape « Exodus » en 2000 avec le titre reprise d’Edith Piaf « Exodus » pour le public africain, en attente de nouveautés. Retour en France pour leur troisième album « Boomerang » qui sort en 2003 chez BMG France avec le titre phare « Esperanza ». Disque de facture plus classique musicalement, il convie de nombreuses personnalités (Rokia Traoré, Disiz la Peste, Sergent Garcia) et parle des désillusions d’une jeunesse sans repères. Ils sont récompensés en 2003 par les titres de Meilleur vidéo-clip, Meilleure cassette groupe, Meilleur groupe et Meilleure vente pour l’album « Boomerang » aux Hip-Hop Awards de Dakar et décrochent l’Award africain en 2004 lors des BBC Awards.

Damien (Canada) Rappeur - guitariste de Granby, Damien a un parcours atypique. Il n’évolue pas dans l’underground du hip-hop avant de se faire connaître. Il prend des cours de musique, ce qui lui permet de composer seul - puisqu’il s’accompagne à la guitare - un disque collectif « Ondes souterraines » (2003) puis son premier album « Damien » (2005). Cet album reçoit un bon accueil. La reprise de « Blues du businessman » notamment est beaucoup diffusée à la radio. Il est nommé Talent 2005 par Radio Canada. Son deuxième album « Plus que jamais » sort en 2007 et le morceau « J’veux plus travailler » marche bien. Damien est également comédien.

Deblë Men (France) Groupe indépendant de Sarcelles, formé par les rappeurs Daoud MC et Bursty. Ils auto-produisent leur compilation « L’alliance du Nord » (1996) et leur premier album « Vigipirate » (1997) sort sous le label indépendant De Brazza Records, fondé par Bursty en 1995. Puis viennent leurs maxi « A l’ombre des disques d’or la lumière brille encore », « La gangrène » et la mixtape « Maximum boycott ». C’est toujours sous ce même label que leur deuxième album « Tout système a une faille » sort en 2001. Ils y parlent des sans-papiers, des difficultés des femmes immigrées. Ce groupe est toujours resté indépendant jusqu’à sa séparation. Bursty est resté à la direction du label qui a connu d’importantes difficultés financières suite au dépôt de bilan de son distributeur. Parallèlement il édite un nouveau magazine Unité consacré au monde du hip-hop underground (rappeurs, DJs, graphistes, webmasters, etc.). Il produit également un best-of du groupe. Daoud MC entame une carrière solo parallèlement et enregistre plusieurs maxi et l’album « 25 » (2004).

Degg J Force 3 (Guinée Conakry) Groupe de Kaloum fondé en 1997 par Mouziris, les frères Mouzis et Boor Skandal 9 ½. Leur nom signifie « vérités concrètes combinées aux 3 forces incarnant le juste, le bon et le vrai ». Il remporte un premier prix en 1999 avec leur titre « Cri du cœur ». Ils enregistrent leur premier album « Mach Allah » (« Par la grâce de Dieu ») à Dakar en 2001, avec la collaboration de Daara J sur le remix de « Cri du cœur ». Dans cet album ils évoquent l’indispensable scolarisation des enfants et notamment des filles, la pauvreté, la corruption, la guerre et les fondamentaux de leur culture. Musicalement ils mélangent la soul, des sonorités hip-hop classiques et de la musique traditionnelle. Cet album marche bien. Ils enregistrent un morceau pour la bande originale du film « Africa hard core » (2001) et participent à la première édition du festival de Conakry Le Rap Aussi en 2001. En 2004 sort un album commun avec Silatigui intitulé « Jusqu’au bout ».

Diam’s (France) Rappeuse de Bagneux, Diam’s entame sa carrière avec le groupe Instances Glauques. Elle est amenée à rencontrer le groupe Mafia Trece, ce qui lui permet de participer à deux enregistrements du premier maxi de Mafia Trece en 1996. Elle apparaît également sur leur premier album « Cosa nostra » en 1997. Elle se lance par la suite dans une carrière solo et sort sous le label Reel Up son premier album « 1er mandat » en 1999 qui ne rencontre pas encore son public. Elle part néanmoins en tournée pendant 2 ans dans toute la France, tournée de 50 dates qu’elle organise seule. Elle rencontre lors de sa prestation aux Francofolies de la Rochelle son futur manager Choukri qui lui permet d’enregistrer le très remarqué titre « Suzy » pour la compilation de la radio française Génération 88.2. Elle sort son deuxième album « Brut de femme », originellement intitulé « 1980 », en 2003 chez Hostile. Cet album devait sortir plus tôt mais est mis en attente car sa maison de disque connaît des difficultés. Il est remanié et renommé. C’est l’album de la consécration populaire puisqu’elle est récompensée par le titre de Meilleur album de rap aux Victoires de la Musique 2004. Le titre très dansant « DJ » lui amène un public plus large, acquis à la cause féminine dans un milieu hip-hop français assez sectaire. L’album marche très bien et devient disque d’or. Elle milite également contre le parti politique français d’extrême droite avec le titre « Marine » et contre la classe politique française de droite avec « Ma France à moi ». Son troisième album « Dans Ma bulle » sort en 2006. Les morceaux « La boulette » et « Jeune demoiselle » reprennent bien les thèmes chers à Diam’s : les désillusions de la jeune génération et la place des femmes dans la société et dans le monde du rap. C’est l’album le plus vendu de l’année 2006 en France et il est certifié double disque de platine. Diam’s enregistre également un morceau pour la bande originale du film français « Taxi 3 » (2003). Elle devient Directrice Artistique du label Motown France en 2006.

Disiz la Peste (France) Rappeur originaire de la banlieue parisienne d’Evry, Disiz la Peste débute sa carrière avec le groupe Rimeurs à Gages. C’est néanmoins en solo qu’il se fait connaître en 1999, d’abord avec le maxi « C’que les gens veulent entendre » puis en 2000 avec le single « J’pète les plombs » issu de son premier album « Poisson rouge » produit par le label Nouvelle Donne. Parodie du film américain « Chute libre » (1993), le morceau est un grand succès. Son album est double disque d’or. Il quitte le label pour Barclay et s’entoure de plusieurs producteurs pour son deuxième album « Jeu de société » qui sort en 2003. Cet album est un échec commercial. Il crée son label Sunu Saf (chez Barclay) et sort deux cassettes au Sénégal puis en Europe sous le titre « Itinéraire d’un enfant bronzé » (2004). Cet album, qui est celui de l’exil au Sénégal - pays d’origine de son père -, évoque beaucoup l’Afrique, musicalement et dans ses textes. En 2005 sort son quatrième album « Les histoires extraordinaires d’un jeune de banlieue » d’où ressort la fierté de ses origines de banlieue. Il est consacré Meilleur album rap de l’année aux Victoires de la Musique 2006. Parallèlement Disiz la Peste participe aux bandes originales des films français « Taxi 2 » (2000) avec le collectif One Shot et « Dans tes rêves » (2005) où il tient le rôle principal. Il enregistre également un album collectif intitulé « Fuck dat FM » (2004) avec d’autres rappeurs d’Evry.

Doc Gynéco (France) Rappeur parisien qui débute sa carrière avec Stomy Bugsy et Passi au sein du groupe Ministère AMER qu’il intègre en 1993. Il enregistre son premier titre « Autopsie » sur le deuxième album du groupe « 95200 » (1994). Repéré par Virgin pour son style très différent (un phrasé très langoureux au service de paroles provocatrices), il sort son premier album « Première consultation » en 1996 où il convie Passi pour un morceau. Les textes sont à son image, séducteurs, insolents, provocateurs sur un rythme assez lent (mélange de biguine et de funk) et le succès est colossal grâce notamment aux titres « Viens voir le docteur » et « Né ici ». Parallèlement, il collabore avec le collectif de rappeurs du Val d’Oise Secteur Ä (Passi, Stomy Bugsy, Neg’Marrons, Arsenik, Hamed Daye et MC Janik). En 1998 il s’entoure d’artistes d’horizons musicaux divers pour la compilation « Liaisons dangereuses » : MC Jean Gab’1, Pit Baccardi, Rita Mitsoukko, Renaud entre autres. Il quitte le Secteur Ä en 1999. En 2001 sort son deuxième album « Quality street » où il convie une fois de plus des artistes très différents (Laurent Voulzy pour n’en citer qu’un). Son troisième album « Solitaire » (2002) est celui de la consécration puisqu’il obtient le prix de Meilleur album rap de l’année aux Victoires de la Musique 2003. Toujours aussi éclectique dans ses collaborations, il est également moins exigeant que les précédents. En 2003 il sort son best of intitulé « Menu best of ». Séparé de Virgin en 2004, il sort en 2006 l’album rap « Un homme nature » plutôt grand public et l’album reggae-roots « Doc enregistre au quartier » sous le label Exclaim. Il puise son inspiration dans l’œuvre des grands auteurs français Aznavour, Ferrat ou Gainsbourg. Il compose le titre phare de la bande originale du film français « Taxi 3 » (2003) et écrit les livres « Le dico du Doc » (2002), « Un homme nature » (2006) et le très médiatisé « Les grands ssprits se rencontrent - Sarkozy et moi, une amitié au service de la France » (2007).En effet, Doc Gynéco est également controversé pour ses prises de position politiques contradictoires qui lui valent de nombreuses critiques et l’isolent de son public.

Double Kanon (Algérie) Fondé en 1996 par les rappeurs Lotfi et Waheb, ce groupe arabophone d’Annaba est considéré comme l’un des fondateurs du rap algérien. Ils enregistrent trois albums ensemble avant de se séparer : « Kamikaz » en 1997, « Kanibal » en 1998 et « Condamné » en 1999. La drogue, la corruption, la précarité, la femme, le code de la famille sont les thèmes de leurs morceaux qui s’adressent à toute une jeunesse algérienne en manque de confiance pour l’avenir. Ils assurent la première partie du groupe Alliance Ethnik lors de leur concert en Algérie en 1999. Ils entament par la suite des carrières solo. Lotfi sort son premier album « Lakamora vol. 1 » en 1999 suivi par les albums « Lakamora vol. 2 » en 2000, « Break dance » en 2001, « Bad boy » en 2002, « Virus » en 2003, « Dangereux » en 2003 également, « Kobaye » en 2004, « Koupable » en 2005 et « Kamizole » en 2006. Waheb enregistre « Solitaire » en 2000 et « Kamikaze II » en 2003.

Fabe (France) Rappeur et grapheur parisien. Il débute sa carrière avec le groupe suisse Sens Unik en 1993 sur le morceau « Je veux des vacances ». Il rejoint le collectif Le Complot des Bas Fonds formé par Lady Laistee, Koma, Sleo, Bo Prophètes, L.S.O. et Dj Stofkry qui travaille aussi à l’élaboration de ses albums solo. Ce collectif participe à plusieurs mixtapes de Cut Killer. Puis Fabe enregistre en 1994 les titres solo « Faites-vous la guerre je fais mes affaires » sur une compilation. Il sort la même année son maxi qui contient les deux morceaux « Je n’aime pas » et « Un jeu d’enfant » et surtout son premier album « Befa surprend ses frères » sous le label indépendant Unik Records. Le titre « Ca fait partie de mon passé » est un succès commercial. En 1996 il sort son deuxième album « Le fond et la forme ». Le morceau « Lettre au Président » est une diatribe contre les abus du pouvoir politique français. Cet album connaît un succès plus important que le précédent grâce au titre « Des durs, des boss, des dombis » qui se moque de certains rappeurs français et qui est largement diffusé. En 1997, suite à la séparation du Complot des Bas Fonds, Fabe forme le collectif la Skred Connexion avec Koma, Haroun, Mokless et Mourad. Ils sont très sollicités et apparaissent sur plusieurs compilations. Il participe aussi au maxi « 11’30 contre les lois racistes ». En 1998, sort son troisième album « Détournement de son » avec le titre phare « L’impertinent » qui interpelle une nouvelle fois la politique française, notamment l’extrême droite. 2000 est l’année de son quatrième et dernier album « La rage de dire », hommage au film américain « La rage de vivre ». Fabe quitte le milieu musical par la suite. Outre une vision désabusée de la politique et du pouvoir, son appréhension du rap est puriste et il reproche à certains artistes de ne pas être audibles dans leur phrasé et donc de gâcher leur musique.

French B (Canada) C’est à ce groupe, French Bastards, que le rap francophone canadien doit son existence. Désabusés par le contexte socio-politique des années, Jean-Robert Bisaillon et Richard Gauthier sortent en 1989 « Je m’en souviens », critique de la loi sur le bilinguisme et contre l’establishment culturel montréalais. C’est un succès en radio mais le morceau est boudé par l’industrie musicale. Ce n’est qu’en 1991 que sort l’album « French B ». Ils sont par la suite rejoints par le guitariste Roger Myron. Leur deuxième album « Légitime démence » (1992), dans la même veine que le précédent, connaît les mêmes difficultés commerciales et doit attendre un an avant que sa promotion ne démarre. Leur troisième album « Au-delà du délai » (1996) est annonciateur de la fin du groupe. Toujours aussi critique et jouissif que les précédents, il est lucide quant à l’avenir du groupe qui se sépare officiellement en 1998.

Muzion (Canada) Groupe de quatre rappeurs originaires du Nord de Montréal, Imposs, J-Kyll, Dramatik et LD-One, se font connaître en 1999 avec l’album « Mentalité moune morne ». Album festif n’hésitant pas à emprunter des sonorités au kompas, il traduit leur ouverture au monde et retranscrit leurs origines diverses (« La vi ti-neg »). Il est donc en Anglais, Français et Créole. Cet album a eu un très bon accueil critique mais pas commercial. Ils partent alors en tournée. Au Canada dans un premier temps puis en Europe où ils sont remarqués par Warner France qui importe leur album en France. Kool Shen les convie en 2000 sur scène pour la tournée de son label IV my People. La même année ils reçoivent le prix de l’artiste hip-hop francophone de l’année aux Mimi puis quelques mois plus tard l’ADISQ leur attribue le Félix de l’album hip-hop de l’année. En 2002, ils sortent un deuxième album « J’révolutionne » où Jacob Desvarieux du groupe français Kassav est convié sur la reprise du morceau « Men malad yo ! ».

Positive Black Soul (Sénégal) Groupe issu du rapprochement en 1989 des deux groupes rivaux de la scène dakaroise Didier Awadi’s Syndicate représenté par Didier Awadi et les Kings MC représentés par Doug E Tee. Les deux meneurs se découvrent des affinités musicales communes et la même envie de donner une image positive de l’Afrique d’où le nom de Positive Black Soul. La francophonie est un enjeu pour eux car le Français est le seul moyen pour eux de communiquer avec des pays africains qui ne parlent pas leur langue (le Wolof). Ils se font remarquer en 1992 à Dakar avec l’enregistrement du morceau « Bagn bagn beug » pour la compilation « Dakar 92 » éditée par le Centre Culturel Français. Le rappeur français MC Solaar, de passage à Dakar, les convie sur scène en France. Le public français les découvre ainsi que les artistes européens francophones : ils rencontrent IAM (France) et Sens Unik (Suisse). Ce n’est qu’en 1994 que leur première cassette « Boul falé » (« Qu’importe ») sort. Leur notoriété grandit grâce au créateur d’Africa Fête Mamadou Konté qui les promeut en Afrique. C’est ainsi que leur premier album « Saalam » (« La paix ») où est convié MC Solaar sort en 1995 sous le label Island et leur nouvelle cassette « Daw thiow » (« Eviter les querelles ») en 1997. Ils enchaînent les concerts et les festivals dans le monde (Festival d’Eté de Québec, Nuits d’Afrique de Montréal). Positive Black Soul enregistre son deuxième album « Révolution » en 2000 et va à New York pour son troisième album « Run cool » (2001). Puis sort en 2003 sous le label indépendant Night & Day un ré-enregistrement de leur double album « New York - Paris - Dakar » avec les invités K-mel (du groupe français Alliance Ethnik), Manu Key (du groupe français Mafia K’1 Fry) et le rappeur New Yorkais KRS One. Ils repartent en tournée puis les leaders Didier Awadi et Doug E Tee se consacrent à des projets personnels. En 2001 Didier Awadi sort au Sénégal son premier album solo « Kaddu gor » (« Parole d’honneur »). Il gagne le prix RFI Musique du Monde en 2003. Il reforme le groupe et le renomme PBS-Radikal. Il sort en 2005 en France son deuxième album solo « Un autre monde est possible », plaidoyer pour l’Afrique qui doit combler son retard. Musicalement on retrouve guitares, koras et percussions. Le PBS Radikal sort l’album « Sunugaal » en 2006. Positive Black Soul est un groupe de rap majeur en Afrique francophone et au-delà.

Psy 4 de la Rime (France) Groupe marseillais fondé en 1995 par les rappeurs Segnor Alonzo, Don Vincenzo, Soprano et du DJ Sya Styles initialement sous le nom de Kid Dog Black. Psy 4 de la Rime débute sa carrière en assurant des premières parties de concerts (Sages Poètes de la Rue, La Fonky Family) et en participant aux bandes originales des films français « Zonzon » (1998), « Comme un aimant » (2000) du rappeur Akhenaton et à diverses compilations. Le premier album de Psy 4 de la Rime « Block Party » sort en 2002 sous le label d’Akhenaton 361 Records. Il est à l’image du groupe, jeune, plein de fougue et d’énergie. Il est certifié disque d’or. S’ensuit une tournée et une pause où chacun s’occupe de projets personnels. Le rappeur Soprano, remarqué pour ses talents d’écriture, commence à être sollicité pour des collaborations. Il crée son label Street Skillz. Le 2ème album de Psy 4 de la Rime « Enfant de la lune » (2005) est celui des désillusions et des tensions entre les membres du groupe. Il est plus sombre que le précédent qui alliait la créativité et l’ivresse d’un premier album. Ce disque reçoit un bon accueil et est également certifié disque d’or. Soprano sort son premier album solo en 2006 « Psychanalyse avant l’album », album qui reprend la plupart des collaborations et freestyles que Soprano a enregistrés et qui comporte notamment le festif « Hallah Hallah ». Il sort son deuxième album solo en 2007 « Puisqu’il faut vivre », en pleine campagne présidentielle et il prend conscience de ses responsabilités d’artiste notamment envers les jeunes qui manquent de recul par rapport au rap. Psy 4 de la Rime retarde d’ailleurs la sortie de son troisième album pour lui permettre l’enregistrement de celui-ci. « Puisqu’il faut vivre » est un album plus personnel que le précédent et plus varié musicalement puisque Soprano revendique des influences comme Jacques Brel ou Bob Marley. Il se voit remettre le Prix Musiques Urbaines lors des Césaire de la Musique 2007, belle récompense pour ses talents d’écriture. Le troisième album de Psy 4 de la Rime « Les cités d’or » sort en mai 2008. C’est l’album de la maturité. Tous ont évolué et ils le disent. Ils veulent inciter les jeunes à réussir dans « Jeunesse France ». Le morceau « On sait mais on fait » parle de leur quotidien, de leurs contradictions, des contradictions propres à la nature humaine. « Reprendre c’est voler » revendique le droit de conserver les spécificités culturelles de ses origines tout en étant Français. Psy 4 de la Rime a produit lui-même les trois quarts de l’album qui est musicalement varié. Psy 4 de la Rime tourne beaucoup dans l’espace francophone et a fait de nombreuses collaborations avec des artistes francophones comme le rappeur suisse Stress et le groupe canadien Treizième Etage, pour ne citer qu’eux.

Sens Unik (Suisse) Groupe de Lausanne créé en 1990 par le DJ / producteur Just One, les rappeur Carlos et Rade, le breaker Osez, la chanteuse Déborah et le batteur Bio. Leur premier titre « Nouvelle politique » sort en 1990 suivi du maxi « Le VIe sens » en 1991 sur le label Maniak Records. Ils autoproduisent leur premier album « Les portes du temps » (1992) où sont conviés des groupes français comme Alliance Ethnik et IAM avant de créer leur label Unik Records. Cet album a eu du succès avec des titres comme « Fiche », « Rira bien qui rira le dernier » et « A gauche à droite ». Leur deuxième album « Chromatic » (1994), aux influences musicales très variées est l’album de la consécration internationale. Il est disque d’or. Ils se retrouvent ensuite à New York pour enregistrer leur troisième album « Tribulations » (1996) dont le vidéo-clip de Paquito est diffusé sur Yo ! MTV Raps. Retour en Suisse pour leur premier best-of « Panorama 91-97 » (1997). Rade et Osez quittent le groupe en 1998. Sens Unik enregistre alors « Pole Position » (1998) qui marche très bien et les emmène encore une fois sur scène partout dans le monde. Suivent les albums « Propaganda live » (1999), « Abracadabra » (2001) plus pop et plus léger et « Mea culpa » (2004), album plus classique aux sonorités jazz et funk et aux textes plus acérés. Le groupe se sépare après cet album. En 2005 sort la compilation « Galaxy 1991-2004 ». Ils participent également à la bande originale du film français « La haine » (1995) avec le morceau « Le vent tourne ».

Starflam (Belgique) Groupe liégeois fondé en 1996 et composé des rappeurs Akro, Balo, l’Enfant Pavé, Kaer et Seg, du DJ Mig One et du producteur ALB. Ils débutent sous le nom de Malfrats linguistiques avant de devenir Starflam. Leur premier album « Starflam » sort en 1997 sous un label indépendant. Les propos oscillent entre constat désabusé d’une époque et espoir (« Monde confus ») et affichent leur dégout de la politique nationale et internationale (« Ce plat pays »), les problèmes entre Belges flamands et wallons dont les séparatistes souhaitent la scission du pays. Leur deuxième album « Survivant » (2001), où le chanteur belge Arno est convié, est disque d’or en Belgique et leur permet de s’exporter encore un peu plus. Il y est à nouveau question de politique internationale et ses dérives dans le morceau « Amnésie internationale » mais il prend également des tournures plus personnelles (« L’amour suze ») et évoque la dégradation urbaine des pays occidentaux dans « Péril urbain ». Grâce au succès de l’album, ils assurent les premières parties des concerts des groupes français Assassins et NTM. Cet album est réédité en 2002 avec six morceaux supplémentaires. Leur troisième album « Donne moi de l’amour » (2003), marque un tournant dans leur carrière. Il est plus intime encore, les instruments (guitares) sont omniprésents. Mais c’est un échec commercial. Leurs propos évoquent la tolérance, l’amour (« La plage titulaire »), la nostalgie (« Retour à l’adolescence », « Sueur d’alcool »), l’importance de l’éducation. L’album « Donne moi de l’amour » est réédité l’année suivante avec dix titres inédits. Si le groupe existe toujours, certains membres travaillent sur des projets solos. Ainsi Akro enregistre son premier album solo « L’encre, la sueur et le sang » (2006).

Suprême NTM (France) Groupe de Seine Saint-Denis, banlieue du Nord de Paris, fondé en 1988 par Joey Starr et Kool Shen, tous deux graffeurs, danseurs et rappeurs. NTM est le groupe le plus mythique du rap français et au-delà puisque sa notoriété s’étend à tout l’espace francophone. A l’image de leur caractère et de leurs propos passionnés et passionnels, de leur militantisme sans concession, de leur vision désespérée de la France et de l’homme forgée par leur propre parcours, NTM a donné au rap français autant de hauteur que le hip-hop américain. Tout le monde les connaît, ils sont adulés ou haïs, respectés ou craints mais ne suscitent jamais l’indifférence. NTM, Nick Ta Mère c’est la synthèse de tout ça, c’est la rencontre de deux personnalités différentes et complémentaires convergeant professionnellement et personnellement autour d’un constat amer et politique quoiqu’ils en disent, et surtout d’une même passion, soutenue par une production minimaliste de qualité au service de leurs propos.
Leur rencontre date d’avant 1988 et la genèse du groupe est passée par différentes étapes : la danse et le graffiti. Leur formation est d’abord élargie à une vingtaine de personnes sous le nom de 93 NTM. La première apparition publique du groupe à deux a lieu en 1989 sur les antennes de la radio parisienne Nova, à l’époque vraie radio alternative avant d’assurer la première partie d’un concert de La Souris Déglinguée. Ils enregistrent leur premier titre « Je rap » sur la compilation « Rapattitude » (1990) puis un maxi où l’on peut écouter le morceau « Le monde de demain » repris dans leur album un an plus tard. Leur premier album « Authentik », où Rockin Squat du groupe Assassin est convié, sort donc en 1991. NTM y interpelle déjà les pouvoirs publics français sur la réalité du climat social difficile à cette époque-là avec « Le monde de demain », fustige toute forme de racisme dans « Blanc et noir », parle d’eux-mêmes dans « Authentik ». Cet album fait figure de pionnier dans le rap français car il est le premier à être techniquement abouti. Les ventes ne sont pas négligeables pour l’époque et pour un genre musical qui n’est pas encore installé. Leur deuxième album « 1993... J’appuie sur la gâchette » (1993) fait polémique avec le titre « Police » qui déplaît fortement aux pouvoir publics qui les surveillent. Il leur vaut une condamnation pour outrage à la suite d’un concert. Et cet album est muselé médiatiquement puisque les radios ne diffusent pas le morceau « J’appuie sur la gâchette » considéré comme un appel au suicide. Leur troisième album « Paris sous les bombes » sort en 1995 avec les succès « Tout n’est pas si facile » et « La fièvre ». C’est un grand succès commercial, peut-être parce qu’il est moins noir parfois et plus personnel (« Paris sous les bombes », « Tout n’est pas si facile ») où l’on sent la ferveur de leurs débuts intacte. Leur quatrième et dernier album « Suprême NTM » est celui qui leur amène leur plus grand succès public en 1998. Comme le précédent, il alterne morceaux légers et plus personnels (« Ma benz », « Laisse pas traîner ton fils ») et plus politiques comme sur le scandale du sang contaminé en France (« C’est arrivé près d’chez toi »). C’est aussi un appel au calme avec « Pose ton gun ». On y retrouve les rappeurs Busta Flex, Zoxea (des Sages Poètes de la Rue) et le chanteur de raggamuffin Lord Kossity. Un best-of sort fin 2007. Chacun a entamé en parallèle des projets avec d’autres collectifs. En 2004 Kool Shen sort un album solo « Dernier round » puis décide de ne se consacrer qu’à son label IV my People qu’il a fondé en 1999. Joey Starr sort un album solo « Gare au jaguarr » en 2006 sous son label B.O.S.S. et publie son autobiographie « Mauvaise Réputation » la même année. Il s’engage politiquement en parrainant l’association Devoirs de Mémoire avec le leader du parti français la Ligue Communiste Révolutionnaire. En 2001 les deux labels sont réunis dans la compilation « Le clash ». En 2008, ils annoncent leur retour pour une série de concerts à Paris. C’est un événement tant leur prestation scénique est impressionnante. Leurs propos prennent tout leur sens avec leur corps-à-corps et leurs joutes verbales.

 
     
  2 décembre 2007

Anne Littardi
 
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