L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) défend les intérêts de ses membres et favorise le développement de l’industrie de la musique au Québec.
C’est en profitant d’un processus du CRTC mis en place afin de revoir une autre politique - celle relative à la diffusion des grands succès par les radios - que l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) cherche insidieusement à remettre la question des quotas de musique vocale de langue française sur la table. Dans un mémoire déposé mardi au CRTC, l’ACR réclame une baisse de 65 % à 50 % du quota de musique vocale de langue française diffusée à la radio francophone dans la région de Montréal et de Gatineau-Ottawa.
Cette nouvelle tentative sournoise survient à peine 15 mois après une révision en profondeur de la politique radio du CRTC, révision exhaustive au terme de laquelle le Conseil a réaffirmé avec force la nécessité de conserver les quotas dans leur forme actuelle. Puisque la demande de l’ACR dépasse le cadre de consultation mis en place par le CRTC dans son Avis public 2008-1, l’ADISQ juge cette remise en question des quotas inadmissible.
L’ADISQ demande donc au CRTC :
1) d’exclure du mémoire de l’ACR déposé mardi relativement à la règle sur les grands succès, la portion portant sur la question des quotas de musique vocale de langue française (soit les pages 7 à 21 du document principal comptant 21 pages) ;
2) de ne pas initier d’autres processus susceptibles de remettre en question la politique sur les quotas de musique vocale de langue française ou tout autre règle relative au contenu musical.
Soulignant l’apport indéniable des quotas au rayonnement de la culture canadienne et francophone, la vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ, Solange Drouin, a affirmé que rien ne justifiait aujourd’hui leur remise en question. « À l’heure où l’on parle tant de l’état de la langue française au Québec, les radiodiffuseurs cherchent à rendre notre chanson et notre musique moins accessibles au public québécois. C’est non seulement injustifié mais injustifiable. »
L’ADISQ s’étonne d’ailleurs de constater que l’ACR fonde son argumentation sur une recommandation du Rapport Dunbar-Leblanc pour lequel l’ACR avait émis de « sérieuses réserves » dans un communiqué rendu public le 12 septembre dernier.
Bien qu’elle déplore cette tentative de l’ACR de remettre sur la table une question qui a largement été débattue il y a à peine plus d’un an, l’ADISQ n’est toutefois pas surprise par la démarche de l’ACR.
En fait, dans un mémoire envoyé au CRTC mardi dernier, l’ADISQ s’est opposée à la révision de la politique des grands succès et a mis le Conseil en garde face aux dangers qu’entraînerait un assouplissement de cette règle pour l’avenir des autres règles relatives aux contenus musicaux, comme les quotas :
« Il existe une étroite relation entre les différents volets des politiques relatives à la radio. Les pourcentages minimums de musique canadienne, les pourcentages minimums de musique francophone et la règle sur la diffusion des grands succès font partie de ces éléments qui, mis ensemble, assurent un équilibre dans le système de radiodiffusion canadien composé de deux réalités : l’une anglophone, l’autre francophone. Modifier un volet de la politique risquerait d’engendrer des effets majeurs sur les autres volets. »
« L’ADISQ soutient avec vigueur le maintien des règles existantes dans leur forme actuelle. Dans les marchés qui nous intéressent, l’efficacité des minimums de contenu musical canadien et des minimums de contenu de langue française a été largement démontrée et illustre la capacité de telles mesures à créer les conditions d’un star system local, apte à opposer une plus vive concurrence aux produits d’origine étrangère. »
Il est à noter que le radiodiffuseur COGECO, propriétaire du réseau Rythme FM, abonde dans le même sens dans son intervention soumise dans le cadre du même processus et demande le maintien de la politique du CRTC relative à la diffusion des grands succès. |