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Gilbert Bécaud

Monsieur 100 000 volts
(1927-2001)

Gilbert Bécaud était l’un des derniers de la « grande chanson française » des années 50, une voix sans équivalent connue et reconnue sur l’ensemble de la scène internationale, une vraie personnalité méridionale entière et sans concession dont les colères étaient mémorables. Gilbert Bécaud est né en 1927 à Toulon (France). A l’âge de 9 ans, il suit les cours du conservatoire de Nice. Installé pendant la deuxième guerre mondiale à Albertville (Savoie), il sert d’agent de liaison avec le maquis du Vercors. Il part ensuite à Paris à la Libération où il devient cordonnier puis chasseur d’hôtel. Il commence aussi à jouer du piano dans les cabarets et compose ses premières musiques de films.

En 1950, Gilbert Bécaud est le pianiste de Marie Bizet. Puis il devient celui de Jacques Pills, le futur mari d’Edith Piaf. Il part alors pendant plus d’un an en tournée sur le continent américain. Il compose avec Pills « Je t’ai dans la peau », une chanson chantée par Piaf qui devient un standard américain. Traduit en « Let it be me », ce titre sera chanté par les Everly Brothers, Tom Jones, Elvis Presley et Bob Dylan.

(JPEG) De retour en France, Gilbert Bécaud écrit ses premières chansons avec Charles Aznavour, Pierre Delanoë, Louis Amade et Maurice Vidalin. En 1953, il enregistre son premier disque chez Pathé-Marconi. Il remporte le Grand Prix du disque avec « Quand tu danses ». Gilbert Bécaud fait la réouverture de l’Olympia en 1954 en première partie de Lucienne Delyle. Les jeunes spectateurs excités cassent des fauteuils. Le 17 février 1955, il passe en vedette dans le music-hall du boulevard des Capucines. Un style Bécaud apparaît qui enthousiasme la jeunesse : des rythmes endiablés très influencés par le jazz américain, une voix éxubérante qui frappe son piano à queue, un sens inné du spectacle.

L’homme à la cravate bleue à poix blancs est surnommé « Monsieur 100 000 volts » par la presse. Les succès s’enchaînent : « Alors raconte » (avec Les Compagnons de la Chanson), « La corrida », « Le pianiste de Varsovie », « Le jour où la pluie viendra ».

En 1966, Gilbert Bécaud tourne dans un film de Marcel Carné intitulé « Le pays d’où je viens ». C’est à cette époque qu’il enregistre le générique de l’émission légendaire « Salut les copains » de la radio Europe 1.

En 1962, Gilbert Bécaud crée L’Opéra d’Aran au Théatre des Champs-Elysées. L’œuvre est boudée par la presse. Ses nouvelles chansons sont en revanche des succès : « Quand il est mort le poète » en 1963 qui rend un hommage à Jean Cocteau, en 1964 s’enchaînent « Nathalie » qui évoque la guerre froide, « L’orange », « Les marchés de provence »...

(JPEG) Des textes simples, souvent au premier degré, chantés avec énergie et de manière très théatrale par un véritable homme de scène qui détestait le play-back. « La solitude ça n’existe pas en 1965 ». « L’important c’est la rose » en 1967. Gilbert Bécaud passe en revue les mille facettes de l’amour et s’engage souvent dans des appels à la tolérance : il remporte l’Oscar de la chanson française en 1977 avec « L’indifférence ».

« Désirée », sorti en 1982, est son dernier grand succès populaire.

En 1986 il crée aux Etats-Unis une comédie musicale, Madame Roza. Toujours vigoureux et souriant, Gilbert Bécaud continue de remplir les salles en France et à l’étranger. Jusqu’au 18 décembre 2001 où ce symbole incontournable du music-hall de la seconde moitié du 20e siècle meurt d’un cancer à Paris.

Un sublime album posthume sort le 19 mars 2002 avec 13 chansons inédites dont deux extraits de sa comédie musicale « Madame Roza ». Un beau travail de studio réalisé par son fils Gaya.

Paroles

« Je partirai » (Paroles : L. Amade / Musique : G. Bécaud)
 
Il faudra bien que ça arrive, je partirai
Il faudra bien que ça arrive, je partirai
Tu pleureras, j’en pleurerai
Tu haïras, je te plaindrai
Mal installé entre deux rives, je partirai
 
Faudra pas que tu t’en étonnes, je partirai
Je ne veux déranger personne, je partirai
Tu sais parfois il faut casser
Casser des cœurs et les idées
Les numéros de téléphone, faut les changer
 
Il faut changer d’air les valises, je partirai
Il faut changer d’eau notre église, je partirai
Les biscottes et les train-trains
Le thé au citron du matin
Les robinets se gargarisent, je partirai
 
Mes chimères, mes chimères
Sont au fond de mon désert
Prisonnières, prisonnières
Des bouteilles à la mer
 
Couloir des Hautes Surveillances, je partirai
Vers les couloirs de mon enfance, où je courais
 
Un mot de plus, un mot de moins
Un bonnet d’âne et puis au coin
C’était le début des offenses, je partirai
 
Je n’écris plus en lettres rondes, je partirai
Finies les chambres en rotonde, je partirai
Fini l’amour à la grimace
Le consommé en demi-tasse
Moi il me faut des tours du monde, je partirai
 
Mes chimères, mes chimères
Sont au fond de mon désert
Prisonnières, prisonnières
Des bouteilles à la mer

Albums références

« Gilbert Bécaud » (EMI, 2002) : Je partirai - Le Cap de Bonne Espérance - On marche - Le train d’amour - Viens dans la lumière - La mort du loup - L’aventure - Au bout de la route - Le pommier à pommes - Au revoir (adieu l’ami) - Bravo - Faut vivre un peu - Viens nous aider

Gilbert Bécaud « 100 chansons d’or »

« 100 chansons d’or » (Capitol Records, 2004) : Et maintenant - Un peu d’amour et d’amitié - L’important c’est la rose - Je reviens te chercher - Le bain de minuit - L’amour c’est l’affaire des gens - Quand l’amour est mort - L’amour est mort - Ma petite lumière - La fin d’un grand amour - Les amoureux du monde - Dans ces moments là - Contre vous - Crois moi ça durera - Trop beau - Ma chatelaine - Je te promets - C’est merveilleux l’amour - Quand tu n’es pas là - Je t’ai ouvert les yeux - C’est ça qu’on appelle aimer - Encore une fois - Embrasse moi oh mon amour - Ah dites moi pourquoi je t’aime - Je t’attends - Dis Mariette - Dans le lit d’un homme d’affaires - Mourir à Capri - Le pianiste de Varsovie - Nathalie - La fille de Nathalie - L’indien - Charly, t’iras pas au paradis - Désiré - Toi le musicien - Quand Jules est au violon - Mademoiselle Lise - La vente aux enchères - Monsieur Cousteau - Le dernier homme - Le gitan qui rit tout le temps - Ma copine et son enfant - Petit Jean - Barbarella revient - Abrina birchoué - Ma princesse de juillet - Les créatures de rêve - Les enfants du dimanche - Ma souris danse - Les tantes Jeannes - L’indifférence - L’orange - Badabing Beng Bong - Le condamné - La solitude ça n’existe pas - La relève - Sur terre rien de nouveau - Liberaçao - L’addition s’il vous plaît, ouais m’sieur - La grande roue - Le bateau miracle - Il faut marcher - On marche - Tu le regretteras - Hey mon frère - La cinquième saison - Qu’est-ce que tu attends là ? - La Française - La retraite - Rosy and John - Don Juan - Les petites madmaselles - Hermano - La chanson pour Roselyne - Fanfan - L’enterrement de Cornelius - Je ne fais que passer - Les âmes en allées - A chaque enfant qui naît - Le train de la vie - Vivre - Chaque matin que tu vois - Bonjour la vie - Ce soir je te dis tout - Quand j’serai plus là - Le ciel - L’un d’entre eux inventa la mort - Bienvenue parmi nous - Pilou...Pilou...hé - Et le spectacle continue - L’absent - C’était mon copain - Je m’balance - Le jugement dernier - Alleluia - Si je pouvais revivre un jour ma vie - T’es venu de loin - Martin - Nicolas - Le Dernier des cons

 :: Lire la chronique Gilbert Bécaud « 100 chansons d’or »

21 juillet 2004

Olivier Marteau

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